Retours et innocences volés

RV2 post blog recadré

 

Celles et ceux qui ont déjà ouvert le livre 2 de Retour volé qui vient d’être publié, y ont découvert une dédicace qui n’était pas dans le livre 1 :

 

Ce livre est dédié à toutes les sportives du monde.
Des plus grandes championnes aux pratiquantes occasionnelles.
Et surtout aux plus résilientes d’entre elles, dont le rêve fut entaché par l’abus, l’exploitation et la maltraitance et qui en sont sorties encore plus fortes.

 

Ce n’est ni un oubli dans le livre 1, ni une lubie soudaine.

Lorsque le témoignage de Sarah Abitbol a été rendu public avec la sortie de son livre Un si long silence en février 2020, je mettais la dernière touche au livre 2 de Retour volé. Le livre 1 était sorti depuis des mois et je n’avais évidemment pas la moindre idée de l’orage qui allait s’abattre sur le patinage artistique. Et le sport.
En tant que journaliste, j’ai suivi toute la carrière internationale de Sarah Abitbol, individuelle d’abord puis en couple avec Stéphane Bernadis. Et jamais je n’ai soupçonné ce qui se passait dans les coulisses. L’écouter dévoiler son calvaire m’a donné envie de pleurer. Les témoignages qui ont suivi, de toutes ses jeunes filles dont ceux qui étaient supposés les aider à réaliser leurs rêves ont abusé de l’innocence, m’ont atterrée.
Des vingt années durant lesquelles j’ai couvert le patinage en tant que journaliste, j’ai entendu des patineuses (et des patineurs) se plaindre de la dureté quasi cruelle de certains entraîneurs. Certains cadres étaient soupçonnés d’être un peu trop proches de leurs athlètes nettement plus jeunes qu’eux…
Cette cascade de révélations, qui ne concernent pas que le patinage -discipline pratiquée par le personnage central d’Arcadia ma première série de fictions jeunesse– m’a révoltée, dégoûtée, atterrée.

Retour volé ne traite pas d’abus sexuel. Mais certaines des héroïnes de cette duologie destinée aux ados et jeunes adultes sont bel et bien victimes d’abus et de maltraitance. Et plus particulièrement celle qui s’exerce sur des joueuses par leur père, souvent auto-proclamé leur entraîneur. Il est ici également question de l’exploitation de jeunes filles par des hommes. Beaucoup moins jeunes. Un thème malheureusement récurrent dans le sport féminin. Et qui rejoint tristement le vol d’innocence commis par des hommes dénués scrupules aux dépens de jeunes athlètes.

Retour volé, dont j’ai imaginé l’intrigue durant les années où je couvrais le tennis, pointe la plume sur les ambitions dévorantes de quelques pères qui s’exercent aux dépens de leurs filles, jeunes joueuses de tennis.

Sa sortie tombe à point nommée et je serai comblée si cette fiction peut apporter un souffle de réconfort, d’inspiration et de résilience à toutes les femmes -sportives ou non- qui ont subi des abus, de quelque nature que ce soit.

Ensemble nous sommes plus fortes.
Et les hommes qui le souhaitent sont les bienvenus pour nous apporter leur soutien !

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